Marine Mane

 

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Des Laboratoires de Traverse à la compagnie In Vitro
(2012 – aujourd’hui)
Disséquer les relations humaines et la mise en jeu des corps dans le dispositif scénique : Marine Mane a ainsi forgé son identité de metteure en scène à la tête de La Tramédie, compagnie issue de l’école de la Comédie de Reims.
Lancés en 2012, les Laboratoires de Traverse permettent à Marine Mane d’enclencher un processus de recherche indissociable de sa démarche de création, et de le partager avec d’autres artistes de tous horizons.
En redéfinissant son identité de metteure en scène à la tête de la Compagnie In Vitro (née en 2013), elle creuse un même sillon centré sur les relations humaines, tout en l’inscrivant dans un paysage artistique résolument transdisciplinaire.

De La Tramédie aux Laboratoires de Traverse
(1997 – 2012)
Marine Mane intègre, en 1997, les classes de La Comédie de Reims, dirigée par Christian Schiaretti. Il l’engage à sa sortie comme assistante à la mise en scène au sein de la troupe permanente. Au cours de ces années, elle joue sous la direction de Grégoire Ingold, metteur en scène associé à La Comédie de Reims, et participe activement au festival Les Langagières.
Elle fonde la compagnie La Tramédie et crée, avec Jean-Michel Guérin, le festival En Compagnie à Reims. Ce festival aura lieu deux années de suite, pendant lesquelles Frédéric Tovany, directeur du Théâtre Ici et Là à Mancieulles l’accueille en résidence de création où elle mène notamment un travail avec les anciens ouvriers du carreau de mine (Bourdieu, Wallace, Novarina) et un auteur, Pascal Adam.
Elle est à nouveau en résidence au TIL pour Une puce, épargnez-là de Naomi Wallace et Dans la solitude des champs de coton de Bernard Marie Koltès. Pour mieux faire entendre ce texte complexe (présenté lors du dernier off d’Avignon à la Caserne des pompiers), elle entoure ses comédiens de deux musiciens au rôle prépondérant, et fait appel à une chorégraphe en guise de conseillère artistique.

Les passionnants enjeux posés par cette mise en scène l’inciteront à imaginer les Laboratoires de Traverse, inaugurés en mai 2012 à La Fileuse, friche artistique de la ville de Reims. En replaçant la recherche au cœur de l’acte de création, elle s’engage dans un processus à long terme autour de la trace, l’empreinte.
Le champ d’expérimentation est vaste : il s’agit d’ausculter les traces, intimes et politiques, que creusent les parcours individuels et collectifs.
Sans obligation de résultat pour les artistes participants, ainsi libres de se consacrer sans réserve à des explorations trop souvent contrecarrées par les nécessités de la monstration, ces temps de recherche laissent néanmoins une trace. Un rendu textuel (voire hypertextuel), assuré par la présence d’un tiers : Cathy Blisson, journaliste spécialisée dans la couverture des formes culturelles multidisciplinaires, assistant en tant que témoin à l’intégralité du processus. Après un nécessaire temps d’incubation à l’issue des sessions, cette dernière livre, au travers d’un blog dédié, son regard personnel sur les moments ainsi traversés. Une œuvre écrite, in progress, permettant de prolonger la réflexion, tout en constituant une archive subjective de l’objet Laboratoire.

Les premiers laboratoires auront également des répercussions à plus long terme : les recherches menées en 2012 ont permis à Marine Mane d’avancer de façon significative sur la mise en œuvre de sa création 2015, La tête des porcs contre l’enclos, et de trouver, parmi les participants des Laboratoires de Traverse, son principal interprète. Les rencontres provoquées, et matières ainsi mises en jeu, seront par ailleurs susceptibles d’inséminer les créations de chacun des artistes activement impliqués sur les labos.

Parallèlement, Marine Mane est collaboratrice sur les spectacles de Jean-Marie Lejude/ Cie L’oeil du tigre et regard extérieur pour plusieurs compagnies de cirque, danse et musique ( Tripes-musique et danse, Cie du Chaos-cirque, Cie Jupon-cirque, Cie Soon-danse). Depuis 5 ans, elle est la directrice artistique des ateliers de théâtre à l’Université de Reims / Champagne Ardenne (URCA) et au Centre Culturel Saint-Exupéry, à Reims. Elle est intervenue avec Clément Dazin (danseur, jongleur) pour le Centre de Traitement de l’Hémophilie de Caen et Antoine Derlon de La maison des jonglages à Paris, sur les arts du mouvements et la prise de risque avec des adolescents hémophiles. Un Web doc a été réalisé à la suite de cette rencontre.

Presse:
Portrait  par Jean Batillet, dans l’Hebdo du vendredi.