En lisière

Zone sensible

EN LISIÈRE 

DANSE – PAYSAGE – ARCHITECTURE – URBANISME – CINÉMA – ÉDITION – PHOTOGRAPHIE

 

 

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C’est sous ce nom que Marine Mane rassemble tous les projets de territoire. Elle s’associe ainsi à d’autres artistes chercheurs  pour concevoir des projets mêlant mouvement, paysage, architecture, cinéma, photographie, dans des territoires en marge et hors circuit. Régulièrement sollicitée par des lieux et institutions sensibles à l’esthétique et aux propos qu’elle creuse, Marine Mane en interroge aussi la lisière, avec le désir de soulever le voile sur ce qui reste habituellement caché et invisible.

“Je m’intéresse depuis toujours aux actes créateurs. Je crois qu’ils prennent naissance dans les interstices, à la périphérie, dans les écarts, là où les certitudes disparaissent, un peu en deçà du confort et surtout dans la rencontre. A la marge. Dans mon parcours, j’ai souvent cherché à me déplacer, physiquement, intellectuellement et sûrement émotionnellement. Je crois qu’en observant les marges, on observe ce qu’il y a entre, et ce à quoi les marges résistent. Lorsque je travaille, j’essaie de mettre de côté ce que je sais. Je pars du réel, parce qu’il me raconte des histoires, parce qu’il construit de la fiction. Et la fiction construit du commun entre les hommes, elle invente un langage qui n’exige pas de mot. J’ai besoin de m’immerger dans le territoire que je traverse, pour ne pas imposer mon point de vue, mais tenter de voir avec tout mon corps.”

Marine Mane, 2017.

QUELQUES PROJETS DE TERRITOIRE : tracé.e.s, déplaces, zone sensible, familiarités

2017-19. Les familiarités

Le Manège de Reims a proposé à Marine Mane d’écrire un projet pour le quartier Orgeval, au sein duquel la scène nationale vient d’installer son studio de répétition, et d’en assurer la direction artistique. Après avoir rencontré les différents acteurs du quartier, attentive au plan de renouvellement urbain et poursuivant sa ligne artistique, elle est partie de ce constat que tout aménagement crée un délaissé, parce qu'on ne peut pas tout aménager, qu’il y a donc des bouts qui échappent. Et dans ces bouts, se passent des tas de choses. Elle a ainsi imaginé un projet autour des familiarités.

“Les familiarités seraient ces fils ténus qui nous relient à notre territoire, aux autres et à nous-mêmes. L’espace de ce que je vis, de là où je vis, et avec qui, serait alors un enchevêtrement de déplacements, de lignes qui m’appartiennent et me racontent. Et si l’on créait du mouvement à partir de ces lignes ? Et si on bougeait ensemble ?” Marine Mane, septembre 2017.

Pour imaginer une présence à l’année, une multiplicité de propositions autour du mouvement, et une création finale ambitieuse avec un nombre conséquent de participants, Marine Mane a souhaité s’entourer d’une équipe, composée de quatre artistes chorégraphiques, d’un musicien et d’une paysagiste: Smaïn Boucetta, Dalila Belaza, Jérôme Brabant, Claire Denis, Romain Henry. Ce projet est porté conjointement par le Manège, la Ville de Reims, le Foyer Rémois, la Maison de quartier, La Fileuse - friche artistique de Reims et la Cie In Vitro. Site: https://www.manege-reims.eu/le-programme/les-familiarites-copie

2017 - Déplaces

Projet né en construction avec la directrice de Danse à tous les étages - Scène de territoire de danse en Bretagne, Annie Bégot, venue à la rencontre de Marine Mane en septembre 2016 lors d’une ouverture aux professionnels sur le dispositif scénographique d’A mon corps défendant, présenté à l’École Nationale Supérieure d'Architecture de Nantes. Identifiant immédiatement le potentiel à l’oeuvre dans la ligne artistique de la compagnie, elle a imaginé avec Marine Mane le projet d’action artistique et sociale Déplaces. Expérience sensible et collective, Déplaces rassemble des personnes en situation de migration et des habitants issus des projets de l’association Danse à tous les étages à Rennes. Associant artistes et chercheurs, ce projet de danse, photographie et musique est un support pour permettre l’échange et le tissage de liens au sein du groupe, dont la restitution publique a eu lieu en mai 2017 lors de la manifestation Rennes au pluriel. Il est relayé par un blog en ligne, sorte de journal de bord, fabriqué en concertation avec les participants :
https://deplaces.blogspot.fr/

2017 - Zone sensible

Le projet de Marine Mane a été choisi dans le cadre d’une résidence territoriale d'éducation artistique et d'action culturelle portée par la DRAC Aquitaine, l’Avant scène de Cognac pour la saison 2017-18 et l’ASERC, centre socio-éducatif de Cognac. Marine Mane a travaillé à imaginer avec les habitants du quartier de Crouin et des invités dont elle a souhaité s’entourer (Aurore Claverie-vidéaste, Charlotte Cauwer-architecte), un espace des devenirs ensemble qui permette de réinterroger la notion de Zone sensible à Cognac. Partant sur le postulat que l’artiste crée des espaces favorables aux échanges, comment créer un espace commun de l'échange, un lieu de l'expérience ? Comment réactiver l'expérience, transformer ce que l’on vit en expérimentation ? Pour créer cet espace de fiction, Marine Mane a souhaité rassembler des gens (habitants en tous genres), interroger, et travailler ensemble ces questions.  Voir Zone sensible

2014-15. Tracé.e.s

En collaboration avec le collectif Studio Public (Paris), ce projet déploie le thème de la création de Marine Mane, La tête des porcs contre l’enclos, qui traite du parcours résilient d’une jeune femme ayant subi des violences physiques. Dans le cadre des Ateliers de la culture de la Ville de Reims, en partenariat avec La Fileuse/ Friche artistique de Reims, une série d’ateliers ont ainsi réuni une douzaine de participants ayant navigué en territoire violent, venus de Géorgie, d’Arménie, du Nigeria, du Rwanda de France autour d’un carnet de mission photo(graphiques) et rédactionnelles, le Logbook. Une collection de points de vue personnels rassemblée le 25 novembre 2014 à la faveur d’une exposition à la Médiathèque Croix Rouge, confrontant sans hiérarchie aucune les regards des usagers et encadrants du Centre d’hébergement Nouvel Horizon, et artistes. http://studio-public.org/new_site/?fluxus_portfolio=tracees  

Depuis 2008. Les Ateliers au Centre numérique Saint Exupéry à Reims Depuis 10 ans, la compagnie In Vitro mène des ateliers de théâtre, multimédias et mouvements, auprès du jeune public, dans un lien fort avec les thématiques développées dans ses créations. Sur les saisons à venir, elle continuera d’aborder ces techniques spécifiques dans une approche contemporaine ouverte aux nouvelles technologies, avec les collaborateurs de la compagnie In Vitro (arts plastiques, danse, vidéo, dramaturgie, création sonore).